Les défauts de paiement des clients, freins à l’emploi

L’European Payment Index 2014 d’Intrum Justitia (EPI 2014) révèle que le quart des chefs d’entreprise belges (24%) ont décrété un « stop à l’embauche’ suite aux défauts de paiement de leurs clients, tandis que 10% d’entre eux ont été contraints de licencier des travailleurs en raison de ces factures impayées, explique le site Express.be. « Ces chiffres prennent une tournure encore plus dramatique en Europe, avec 40% de stop à l’embauche et 25% de licenciements imputables notamment à l’accumulation des défauts de paiement », précise Intrum Justitita.

Plus du tiers des répondants belges à l’EPI 2014 (35%) considèrent les défauts de paiement comme une menace pour la survie de leur entreprise. Le total des créances irrécouvrables en Europe a augmenté de 3 à 3,1% du chiffre d’affaires des entreprises, ce qui correspond en gros au coût de 8 millions d’emplois. En Belgique, le pourcentage des créances irrécouvrables s’est réduit de 2,8 à 2,7%. Intrum Justitia a calculé que ce chiffre correspond à 8,8 milliards d’euros. Si ce montant était investi dans la création d’emplois, quelque 113.000 postes de travail  pourraient être créés en Belgique.

En cas de retard de paiement d’un de leurs clients, les entreprises suédoises et allemandes font relativement vite appel à la gestion de crédit. Cette réactivité a un effet très positif sur le pourcentage de créances irrécouvrables (2,1%). Les entreprises belges attendent 91 jours avant de faire appel à une aide professionnelle et subissent une perte moyenne de 2,7%. Rien qu’en réagissant plus vite, comme en Suède ou en Allemagne, nos entreprises pourraient générer 1,9 milliard d’euros de cash supplémentaire (ce qui équivaut à 25.000 nouveaux emplois si cette somme est intégralement affectée à la création d’emploi).

Malgré les premières rumeurs de reprise économique, trois entreprises belges sur quatre (74%) affirment ne pas encore en ressentir les effets. Cette situation est confirmée par la majorité des répondants dans les 31 pays de l’enquête. La grande majorité (55%) des 10.000 entreprises européennes ayant participé à l’EPI 2014 affirment souffrir en raison du retard ou du non-paiement de leurs factures. Ce pourcentage est le plus élevé de toute l’histoire de l’European Payment Index. Selon 58% des chefs d’entreprise belges, la liquidité de leur entreprise est menacée, tandis qu’ils sont 55% à affirmer que les défauts de paiement génèrent des pertes de revenus. Plus d’une entreprise belge interrogée sur trois prétend que sa survie est mise en péril par les créances irrécouvrables. Quatre chefs d’entreprise sur dix déclarent de ce fait ne pas avoir de perspectives de croissance dans notre pays.

Même en Allemagne, pourtant un des moteurs de l’économie européenne, les entreprises prétendent être confrontées à des problèmes de liquidité. D’après 35% environ des chefs d’entreprise allemands, les défauts de paiement pèsent considérablement sur la décision de licenciement de travailleurs. Ces chiffres sont respectivement de 30% en Grande-Bretagne, 28% en Espagne et 25% en France. En Belgique, il n’est ‘que’ de 10%.

Les créances irrécouvrables sont en léger recul en Belgique, mais représentent toujours une somme astronomique de 8,8 milliards d’euros. Malgré toutes les prévisions de fin de récession, et malgré la réduction du délai moyen de paiement des particuliers, des entreprises et des pouvoirs publics, le total des factures impayées a progressé en Europe de 3 à 3,1%. Ce chiffre représente un montant total de 360 milliards d’euros. Au cours des huit dernières années, le pourcentage de créances irrécouvrables passées en amortissements par les entreprises belges augmente tous les ans. En Belgique, le total de défauts de paiement a légèrement baissé, de 2,8 à 2,7%. Selon les calculs d’Intrum Justitia, ce pourcentage représente néanmoins un montant total impayé de 8,8 milliards d’euros.

« Le défauts de paiement engendrent une réaction en chaîne désastreuse pour les entreprises, tandis que le manque de liquidité les contraint à prendre des mesures drastiques. D’après nos estimations, un quart des faillites pourraient être évitées si les factures étaient payées dans les délais », souligne Guy Colpaert, Managing Director d’Intrum Justitia Belgique. « Imaginez que les entreprises belges, au lieu d’être contraintes d’amortir ces 8,8 milliards d’euros de factures impayées, puissent les investir dans leur activité: pas moins de 113.000 emplois nouveaux auraient ainsi pu être créés! Et si toutes les factures étaient payées à l’échéance, l’impact sur l’économie belge serait également substantiel. Voilà pourquoi la gestion de crédit professionnelle pour les entreprises est une des clés de la santé de notre économie. Tous les acteurs économiques se porteraient beaucoup mieux si toutes les factures étaient payées à temps », ajoute-t-il.

Via Express.be