La Belgique tentée par une taxe sur les plus-values

Une taxation sur les plus-values des capitaux comme l’envisage la future coalition gouvernementale en Belgique pourrait rapporter aux caisses du royaume de 4 à 5 milliards d’euros par an. Une manne intéressante alors que la prochaine législature doit trouver de 17 à 20 milliards, écrit « Le Soir ».

Pour la coalition « suédoise » comme est désigné désormais le regroupement des partis libéraux (MR et Open VLD, bleu), le parti nationaliste flamand (N-VA, jaune) et le parti chrétien flamand (CD&V, la croix) dans une référence au drapeau suédois, les quelque 2.000 milliards d’euros du patrimoine en Belgique « ont de quoi séduire ».

Les taxer pourrait donner des gages aux partenaires sociaux et à l’aile gauche de la coalition. Pourtant, affirme le quotidien, une telle taxation ne contribuera pas à réduire les inégalités croissantes des revenus en Belgique, où 10 % des personnes détiennent près de 40 % de la richesse nationale.

« La plus-value en capital peut toucher autant la société de participation financière que l’entrepreneur qui cède son « bébé » à son enfant, le boursicoteur spéculateur ou l’épargnant ayant décidé de constituer un bas de laine pour sa retraite avec quelques fonds de placement. » Et, poursuit l’éditorialiste du « Soir », « la « suédoise » ne pourra se contenter de taxer aveuglément les plus-values ». Avant cela, il est nécessaire de définir le concept même de « spéculation ». Sinon il y a le risque de punir les foyers modestes.

Et « Le Soir » de proposer une « réforme fiscale globale » qui permette de stimuler le capital porteur d’activité et de valeur ajoutée. En Belgique comme en France, le débat sur la taxation des capitaux est de mise.

JACQUES HUBERT-RODIER / EDITORIALISTE DIPLOMATIQUE LES ECHOS