L’avenir des entreprises se féminise

12 Mar 2021 Entrepreneuriat

Alors que l’on fêtait ce 8 mars, la journée Internationale du droit des femmes, de nombreux médias relevaient à cette occasion la forte féminisation de l’entrepreneuriat. Lancer son activité ou créer son entreprise n’est plus une chasse gardée masculine, même si les femmes restent encore deux fois moins nombreuses à le faire.

La Belgique enregistre une nette progression du nombre de femmes ayant embrassé le statut d’indépendante (tous régimes confondus), avec une hausse de 12,04% au cours des cinq dernières années. C’est en tout cas ce que révèlent les chiffres officiels de l’Inasti relayés début mars par le Réseau Diane, le réseau d’affaires féminin d’UCM, qui regroupe près de 3.750 membres en Wallonie et à Bruxelles. De quoi se réjouir, même si le parcours de la combattante à affronter pour devenir cheffe d’entreprise n’est pas toujours simple, rappelle le réseau Diane.

148.000 femmes indépendantes

« Si l’entrepreneuriat a longtemps été la panacée des hommes, depuis quelques années, de plus en plus de femmes se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Il y a près de 148.000 femmes indépendantes (tous régimes confondus) en Wallonie et à Bruxelles. Ce n’est pas rien. Mais les hommes sont presque deux fois plus nombreux », rappelle le réseau Diane au terme d’une enquête qui lui a permis d’interroger 4.000 entrepreneures. Les motivations qui poussent les femmes à se lancer sont très diverses. Outre “le besoin de se réaliser pleinement au niveau professionnel”, l’enquête relève également “le désir d’autonomie et de flexibilité”, la recherche “d’un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle” et “l’insatisfaction dans un emploi de salarié” au rang des principales motivations des femmes interrogées.

Trois obstacles principaux

Autre point fort de cette enquête : près de 40% des répondantes estiment qu’il est plus difficile d’entreprendre lorsqu’on est une femme. Trois obstacles principaux sont identifiés par les sondées : « le maintien d’un équilibre entre les vies privée et professionnelle, la difficulté de trouver de nouveaux clients et la difficulté de facturer ses prestations à leur juste valeur ».

Le contexte sanitaire et la pandémie de Covid-19 n’ont en outre rien fait pour arranger les choses, note le réseau Diane. 7 interviewées sur 10 avouent faire face à plus de difficultés depuis les mesures prises pour lutter contre le virus en mars dernier. Mais cette situation inédite les a aussi forcées à revoir leur business model et à s’adapter. Point paradoxalement positif : contraintes à la diversification et à la numérisation de leur offre, les femmes interrogées ont donc dû se former pour de nouvelles compétences.

Femmes, entreprises et société : quelques chiffres-clés

  • Les entreprises avec au moins un poste de direction sur trois occupés par une femme possèdent une marge bénéficiaire 10 fois plus élevée que celles dirigées par des hommes uniquement, indique le rapport Women Count 2020 de Pipeline, qui s’appuie sur l’étude des 350 plus grosses entreprises cotées en bourse à Londres.
    • 15% de ces entreprises n’ont aucune femme aux postes de direction
    • Seules 13 femmes sont à la tête d’une de ces entreprises
    • Seul.e.s 16% des directeurs financiers sont des femmes
    • Les comités exécutifs sont composés à 80,2% d’hommes
    • Une entreprise sans femme dans son comité exécutif aura une marge bénéficiaire nette de 1,5% en moyenne. Tandis qu’une entreprise qui a nommé des femmes pour au moins un tiers des postes de direction aura un bénéfice net de 15,2%.
  • Les femmes ont 1,8 fois plus de risques que les hommes de perdre leur emploi, selon une étude publiée par McKinsley. Pourtant, les femmes n’occupent que 39% des postes de travail dans le monde.
  • 54% des femmes ont un travail dans un secteur en crise comme l’Horeca, le tourisme, le commerce, etc., souvent à temps partiel, ce qui les rend plus susceptibles de perdre leur emploi en cas de restructuration.
  • Les femmes sont celles qui ont pris le plus de risque pour la collectivité pendant la pandémie. En Belgique, 80% du personnel soignant sont des femmes. Leurs métiers sont très exposés dans les supermarchés, les maisons de retraite et les hôpitaux.

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