Vers une société sans cash ? Le confinement accroît la tendance

24 Sep 2020 Finance

Confronté à la concurrence croissante des nouveaux moyens de paiement, l’argent liquide est moins utilisé par les Belges. Près de 6 consommateurs sur 10 déclarent en effet moins recourir au cash que l’année dernière. Si la crise sanitaire a encore accéléré le mouvement, les billets et les pièces restent cependant encore populaires pour régler certaines dépenses ou, plus inattendu, pour créer de l’épargne.

La tendance est nette en 2020, nos compatriotes retirent moins de cash que l’année passée. C’est le constat que dresse une étude menée par le département de recherche économique d’ING dans le cadre d’une enquête internationale. Pour ce faire, l’institution s’est basée sur l’analyse de quelque 20 millions de transactions effectuées en Belgique, entre début mars et fin août 2020.

Un belge sur deux plus hésitant à payer en cash

Le constat est clair : l’argent liquide doit faire face à la concurrence croissante des nouveaux moyens de paiement. Environ 70% des Belges déclarent utiliser moins de cash depuis qu’ils peuvent payer sans contact. Au total, près de 6 personnes sur 10 affirment utiliser moins d’argent liquide en 2020 que l’année précédente.

Depuis le début de la crise sanitaire, la tendance s’est encore accentuée, indique l’étude. Plus de la moitié (52%) de nos compatriotes sont plus réticents à utiliser des espèces. “La fermeture des magasins physiques pendant le confinement, la distanciation sociale et la crainte que les billets de banque soient porteurs du virus a conduit à une forte diminution de l’usage du cash“.

De début mars à fin août 2020, le retrait d’argent aux distributeurs a diminué de 43% et le montant prélevé était 36% moindre par rapport à la même période en 2019“, témoigne Charlotte de Montpellier, économiste chez ING Belgique.

Toujours populaire pour les petites dépenses

Si le cash est moins présent, il reste néanmoins apprécié pour les petites dépenses. C’est le cas notamment de certains achats alimentaires comme le déjeuner, le goûter ou le café. Les billets  sont également utilisés couramment pour l’argent de poche des enfants ou encore comme moyen de paiement pour un taxi.

Les tirelires ne sont pas mortes

Certains Belges détiennent encore de l’argent liquide hors de leur compte bancaire comme réserve de précaution ou comme moyen d’épargne. Garder des pièces ou des billets chez soi plutôt que de les laisser sur son compte bancaire ou de les faire fructifier sur un produit d’épargne, est beaucoup plus courant qu’on ne l’imagine. “La Banque centrale européenne estime que plus d’un tiers du total des billets en euros en circulation est utilisé comme réserve de valeur au sein de la zone euro“, précisent les économistes d’ING. Et oui,  l’argent dort encore sous les matelas, dans les tirelires ou au chaud dans les coffres.

L’économie informelle

Que cela soit le baby-sitting que l’on règle à un étudiant, la rénovation sans facture d’un appartement, les espèces restent un moyen de paiement privilégié dans l’économie informelle en raison de leur caractère anonyme. Bien entendu l’économie informelle est difficile à quantifier puisqu’elle se dérobe à l’investigation statistique et à la quantification précise.

Un monde sans cash, pas pour tout de suite

Selon Yves Timmermans, qui opère au sein du département ‘circulation fiduciaire’ de la BNB, il est important que l’argent liquide circule dans une économie, relaie la RTBF. “Le risque c’est vraiment une rupture de stock qui peut poser des tas de problèmes pratiques et nuire au commerce, et plus particulièrement à certains petits commerces qui utilisent le cash. Sur les marchés, quand vous achetez une glace en promenade, c’est souvent en cash. Donc, là, on aurait un vrai problème. On met tout en œuvre pour éviter ça. C’est inimaginable si ça se passait “.

En Europe, la volonté politique est de garantir la circulation du cash. L’objectif visé est que ceux qui n’ont pas accès aux technologies ou ceux qui refusent de les utiliser, puissent continuer à payer facilement au quotidien. Un monde sans cash, demain ?  C’est invraisemblable. Un monde avec moins de cash qu’avant la crise ? C’est déjà une réalité.

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