Réforme fiscale: choisissez votre parti

Les quatre grands partis ont dévoilé leurs mesures en matière de fiscalité.

Ecolo est le seul à proposer une globalisation des revenus.

À l’inverse, seul le PS ne touche pas à l’impôt des personnes physiques (hors ISF).

 

Zoom sur ces projets de réformes.

 

PS: Un impôt sur la fortune de 1 %

 

Particuliers les socialistes ne touchent pas aux taux de l’impôt des personnes physiques (IPP). Ils préfèrent jouer sur ce qu’on appelle « le bonus à l’emploi » et l’étendre à des catégories supplémentaires pour booster le pouvoir d’achat d’une grande partie de la population (3,1millions de personnes, selon les chiffres du PS). Grâce notamment à cet élargissement de ces réductions des cotisations sociales personnelles, le PS espère faire gagner jusque 120 euros net/mois aux catégories de travailleurs concernées. Par contre, les socialistes veulent introduire un impôt sur la fortune (ISF) avec un taux allant jusque 1 %. Cet impôt vise les patrimoines supérieurs à 1,25 million d’euros en dehors de la maison d’habitation et des biens affectés à l’activité professionnelle (80 000 contribuables seraient touchés).

Entreprises le PS ne touche pas à l’impôt des sociétés (Isoc) – à 33,99 %. Mais, pour le boulevard de l’Empereur, il faut supprimer les intérêts notionnels. Grâce aux économies ainsi dégagées, le PS veut réorienter l’argent pour aider surtout les PME.

Coût la réforme socialiste ne coûterait rien. La suppression des intérêts notionnels, la lutte contre la fraude fiscale et la fiscalité sur le patrimoine rapporteraient 4,5 milliards d’euros et compenseraient exactement le coût de la réforme proposée (3 milliards en pouvoir d’achat; 1,5 milliard pour l’emploi).

 

MR: Les libéraux et leur impôt à « taux zéro »

 

Particuliers : contrairement aux autres partis, le MR veut une réforme profonde de l’IPP. Le principe : d’abord, créer un « taux zéro » pour les 13 000 premiers euros gagnés. L’objectif est notamment de rendre du pouvoir d’achat aux bas revenus et réduire progressivement les différences de traitement fiscal entre revenus du travail et revenus d’allocation. Pour les revenus moyens, le MR propose que les tranches d’imposition de 30 % et de 45 % soient supprimées; que les tranches de 25 % et de 40 % soient augmentées et étendues et que celle à 50 % commence à 50 000 euros (contre 37 330 aujourd’hui). Le MR souhaite aussi diminuer les droits de donation et de succession au niveau régional. Entre autres, il y aurait une exonération sur le logement familial lorsqu’il est transmis au conjoint survivant.

Entreprises : les libéraux veulent aussi s’attaquer au taux de l’impôt des sociétés et proposent une baisse progressive jusque 23 % (en 2016). Pour les PME, un taux de 20 % serait applicable à la 1ère tranche de 100 000 euros. Le MR veut aussi réformer les intérêts notionnels en en réorientant une partie vers l’aide à l’investissement des PME.

Coût : Selon le président du MR, Charles Michel, cette réforme fiscale coûterait 5 milliards d’euros. Mais il faut décompter les « effets retour » pour les finances publiques de ces mesures. Au final, il n’y aurait que 2 milliards à trouver par une série d’économies. Ces calculs sont contestés, en particulier par le PS qui parle d’un coût de 20 milliards d’euros.

 

cdH: Les humanistes ou l’autre « taux zéro »

 

Particuliers : à l’image du MR, le CDH propose de créer « un taux zéro » dans l’impôt des personnes physiques (IPP). L’idée : 0 % d’impôt pour les revenus inférieurs à 11 000 euros par an; 50 % au-delà de 500 000 euros. Entre ces deux extrêmes, les taux varient potentiellement à l’infini en fonction du niveau de revenus (onze paliers sont prédéfinis en guise de repères). Le CDH propose en outre : des réductions d’impôts supplémentaires pour les familles; une taxation de la spéculation (25 % sur les plus-values sur actions); une généralisation de l’avantage fiscal prévu pour le livret d’épargne (les 1 900 premiers euros d’intérêt sont exonérés) à l’ensemble des revenus du capital, ainsi qu’une généralisation du précompte mobilier à 25 %; une lutte intensive contre la fraude fiscale.

Entreprisesl’impôt des sociétés serait ramené tout de suite de 33,99 % à 30 %. Les intérêts notionnels seraient supprimés et 500 000 millions d’euros réaffectés à des déductions pour investissements. Le CDH propose en outre des réductions de charges pour les entreprises et la suppression des cotisations patronales sur le salaire du jeune qui effectue sa première expérience professionnelle.

Coût 10 milliards de dépenses pour 10 milliards de recettes. La neutralité budgétaire (hors effets retours) est assurée, assurent les humanistes.

 

Ecolo: Entre ISF, rente nucléaire et revenus globalisés

 

ParticuliersEcolo souhaite une globalisation des revenus, entre ceux du travail et ceux issus du capital (les revenus mobiliers – intérêts et dividendes – sont aujourd’hui taxés forfaitairement). Le tout serait soumis à l’IPP. Ecolo entend réintroduire une tranche au-delà de 50 % pour les revenus supérieurs à 250 000 euros par an. En revanche, il propose de porter la quotité exemptée d’impôts (la part des revenus exonérée d’impôts) à 12 000 euros pour les revenus inférieurs à 40 000 euros par an. La quotité diminue ensuite progressivement jusqu’au niveau actuel (environ 7 000 euros). Parmi d’autres : suppression de la redevance TV, création d’un impôt sur la fortune (1 % à 1,5 % sur les patrimoines de plus de 1 million d’euros, hors habitation principale et biens professionnels), taxation des revenus spéculatifs (taxe dégressive sur les plus-values sur actions) ou refonte de la fiscalité immobilière (mais Ecolo ne donne que peu de détails à ce propos).

Entreprises : l’impôt des sociétés serait baissé à 25 % pour les PME. Ecolo veut supprimer les intérêts notionnels et réinvestir la manne dans les PME. Il veut aussi « récupérer » la rente nucléaire au-delà de la taxe déjà perçue (550 millions par an). Gains espérés : entre 1,7milliard et 4,5 milliards sur la période 2014-2025.

CoûtEcolo ne chiffre pas ses mesures. Mais « selon nos calculs, la neutralité budgétaire est atteinte » , dit le député Georges Gilkinet. Parmi les mesures qui rapportent, les Verts mettent le paquet sur la lutte contre la fraude fiscale.

Via LaLibre.be

1 réponse

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] Les quatre grands partis ont dévoilé leurs mesures en matière de fiscalité. Ecolo est le seul à proposer une globalisation des revenus.À l’inverse, seul le PS ne touche pas à l’impôt des personnes physiques (hors ISF). Zoom sur ces projets de réformes…  […]

Les commentaires sont fermés.