Les investisseurs privés au secours des entreprises familiales

Express

  • 58% des entreprises familiales cherchent du financement, selon une nouvelle étude de KPMG. Mais la famille n’est généralement pas disposée à perdre son contrôle.
  • Une piste sous-exploitée? Les investisseurs privés, affirme l’étude. 60% d’entre eux sont à la recherche d’investissements avec un risque et un rendement raisonnables, et préfèrent une plus-value à long terme, ce qui est intéressant pour les entreprises familiales, juge KPMG. 

Les entreprises familiales sous-utilisent la piste de financement que constituent les investisseurs privés, selon une étude de KPMG.

Actuellement, 58% des entreprises familiales à travers le monde sont à la recherche d’un financement extérieur pour soutenir leurs investissements, selon une nouvelle étude de KPMG. Pas facile, dans l’environnement économique actuel. Il y a bien les fonds d’investissements ou les partenariats avec d’autres entreprises, mais ces options conduisent généralement à une cession du contrôle de la famille sur l’actionnariat de l’entreprise, ce qui dissuade beaucoup d’entreprises familiales de maximiser leur potentiel de croissance.

KPMG a identifié une autre possibilité, qu’il juge sous-utilisée: les investisseurs privés, des « high net worth individuals », dont certains ont à la fois un capital significatif à investir et une expérience des entreprises familiales. Il y aurait plus de 14 millions d’investisseurs privés potentiels dans le monde. Et ensemble, ils détiendraient plus de 53.000 milliards de dollars de fortune. « Les investisseurs privés représentent une réelle opportunité, d’autant qu’ils sont souvent disposés à accepter une participation minoritaire dans l’entreprise », affirment Dennis Fortnum, global head of KPMG Enterprise et Christophe Bernard, Global Head of KPMG Family Business, en introduction à l’étude.

Mergermarket a interrogé, pour le compte de KPMG, 125 entreprises familiales et 125 investisseurs privés, pour examiner le point de vue des deux parties. Il en ressort que conserver le contrôle majoritaire est important pour les entreprises familiales. Ainsi, 76% des personnes interrogées indiquent que la famille détient la majorité des parts de l’entreprise. Et dans la grande majorité des cas, elle n’est pas disposée à vendre ou à perdre son contrôle. Cela n’empêche pas de nombreuses entreprises familiales de reconnaître l’aspect positif d’une influence extérieure et de la présence d’administrateurs indépendants au conseil. Près de 50% des entreprises familiales interrogées indiquent d’ailleurs que plus de la moitié de leur conseil est composée de membres non familiaux.

Et, on l’a dit, 58% des entreprises familiales sont actuellement à la recherche de financement extérieur pour soutenir leur croissance. Pas moins de 42% des entreprises familiales ont déjà obtenu un financement de la part d’investisseurs privés. Et 92% de celles-là qualifient l’expérience de positive, comparée à d’autres sources de financement – ce qui n’empêche pas beaucoup d’entreprises de juger que les financements en provenance d’investisseurs privés sont difficiles à obtenir en raison de leur manque de disponibilité et de la difficulté de trouver le bon partenaire.

De leur côté, 60% des investisseurs privés sont à la recherche d’investissements présentant un risque et un rendement raisonnables, et préfèrent une plus-value du capital à long terme. Deux caractéristiques qui correspondent bien aux investissements dont ont besoin les entreprises familiales, juge KPMG.

Pas moins de 44% des investisseurs privés interrogés ont d’ailleurs déjà investi dans une entreprise familiale. Dans ce cas, ils sont 95% à témoigner d’une expérience positive. Le principal facteur qui pourrait les dissuader d’entrer dans le capital des entreprises familiales? L’éventualité de conflits avec les membres de la famille, note l’étude de KPMG, suivi ensuite par le manque de disponibilité et d’information sur de telles opportunités. Le consultant formule d’ailleurs une série de conseils à destination tant des entreprises familiales que des investisseurs privés, pour les aider à se rencontrer.