L’entrepreneuriat se féminise en Belgique

Si les femmes ne représentent aujourd’hui qu’un tiers des entrepreneurs indépendants et aidants, la tendance évolue ces dernières années. Depuis 2016, la proportion des indépendantes est en nette progression. Une avancée se profile-t-elle sur le chemin de l’égalité hommes-femmes ?

Si pendant des années, les femmes étaient chez nous nettement moins nombreuses que les hommes à entreprendre, elles se montrent désormais de plus en plus décidées à lancer un projet ou à prendre le statut d’indépendante. C’est incontestable, la féminisation de l’entrepreneuriat s’accélère.

Davantage de femmes deviennent indépendantes

Si l’on en croit le « Baromètre des PME » du SPF Économie (relayé par l’Echo), depuis 2016, le nombre d’indépendantes a augmenté plus rapidement que le nombre d’indépendants.

A ce jour, 35% des entrepreneurs indépendants et aidants belges sont des femmes. Et les femmes semblent désormais bien décidées à combler l’écart en développant leur foulée. Ces deux dernières années, elles enregistrent une avancée en chiffres relatifs plus importante que les hommes. De 2016 à 2018, la progression a été très nette : 6,13% chez les indépendantes contre 4,58% chez les indépendants.

Les femmes surreprésentées dans les services

Si les femmes ne représentent qu’un tiers des entrepreneurs indépendants, un secteur échappe à la règle, c’est celui des services. Les femmes indépendantes y sont plus nombreuses (55,6%) que les hommes (44,4%).

A l’opposé, l’industrie affiche quant à elle le plus grand déséquilibre entre hommes et femmes. La représentation féminine y reste faible puisqu’elle est de seulement 16,6%.

Professions libérales, commerce et services

La majorité des indépendantes et aidantes exercent leur activité au sein des professions libérales (39,5%) et du commerce (29,9%). Les hommes y restent toutefois encore majoritaires, avec respectivement 55% et 64,5%.

Moins d’administratrices

La tendance est aussi moins favorable pour les femmes administratrices de sociétés. En 2018, on comptait 90.028 administratrices, soit 23,1% de l’ensemble des femmes indépendantes. Chez les hommes, en revanche cette proportion est de 31,6%.

Les motivations : liberté et reconnaissance

Au premier rang des motivations de l’entrepreneuriat féminin, on note le souhait d’une vie plus libre et une meilleure reconnaissance au quotidien. Pour ces femmes entrepreneures cela signifie :

  • Rechercher la liberté et l’indépendance
  • S’épanouir personnellement
  • Organiser leur temps de travail

Des motivations fondamentales qui doivent être bien comprises quand il s’agit de mettre en place des leviers pour soutenir l’entrepreneuriat féminin. Les logiques anciennes doivent en effet être transposées. Considérées hier comme des freins à l’entrepreneuriat féminin, la volonté de concilier famille et projet professionnel, où la quête de liberté et d’indépendance, sont aujourd’hui des éléments moteurs pour la création d’entreprise au féminin.

Mesures de soutien

C’est dans ce contexte que des mesures ont été prises sous la précédente législature pour soutenir l’entrepreneuriat des femmes, indique L’Echo. Pour ce qui a trait à la maternité, la maman indépendante qui vient d’accoucher peut désormais compter sur une dispense de cotisations pour le trimestre qui suit l’accouchement. Elle obtiendra également l’octroi automatique de 105 titres-services.

Le ministre des Classes moyennes Denis Ducarme (MR) a, par ailleurs, accordé une série de subsides (70.000 euros par subside) pour quatre « réseaux » d’entrepreneuses.

Si les hommes restent encore largement majoritaires dans le paysage de l’entrepreneuriat, les choses bougent. La féminisation de l’entrepreneuriat est un fait. Les femmes sont désormais pleinement dans la course, augmentant leur foulée, déployant leur plein potentiel pour donner le meilleur d’elles-mêmes. Un juste de retour des choses après des années où la parité n’était pas à l’ordre du jour…