Durement impactés, les indépendants se regroupent sur Facebook

Ils sont des dizaines de milliers dans notre pays : indépendants en nom propre, patrons de (très) petites entreprises, commerçants de proximité, propriétaires de boutiques, restaurateurs, professions paramédicales, artistes,… Si leurs métiers sont très variés, ils ont tous au moins un point en commun : leurs activités sont durement frappées par la crise du coronavirus et le confinement imposé à la population met leur survie gravement en danger. Créé sur Facebook le 6 avril dernier, le groupe baptisé ‘INDEPENDANT‘ a sondé ses membres pour comprendre l’ampleur des problèmes rencontrés par les indépendants et demander de nouvelles aides au gouvernement.

Chaque jour de lockdown qui passe creuse un peu plus le manque à gagner des milliers d’indépendants belges qui se sont rassemblés sur les réseaux sociaux pour partager leurs expériences et tenter d’objectiver leur réalité quotidienne avec cette étude statistique. Le groupe Facebook ‘INDEPENDANT’ qui fédère près de 30.500 followers, avait reçu le dimanche 19 avril, 3.770 réponses de ses membres, issus de tous les secteurs, interrogé via un questionnaire.

Le constat est sans appel : 97 % des indépendants du groupe affirment que leur activité est impactée par la crise du covid-19 et 69,6 % des répondants affirment même ne plus avoir la moindre rentrée financière. « Si les autorités ne prennent pas la mesure de la catastrophe qui s’annonce, il faudra 10 ans à la Belgique pour sortir tous ces gens du CPAS et du chômage… », commente Vincent Maillen, un Namurois à l’initiative de la création du groupe et du sondage, interrogé par la Dernière Heure. 48,1 % des indépendants interrogés déclarent aussi avoir des employés à leur charge et deux tiers d’entre eux ont dû mettre la totalité de ce personnel au chômage.

Le sondage s’intéresse ensuite à la concrétisation des mesures d’aides proposées aux indépendants. C’est ainsi que l’on apprend que 51,7 % des sondés ont demandé la prime régionale (5 000 euros en Wallonie, 4 000 euros à Bruxelles) mais que seuls 2,6 % l’ont déjà obtenue. Le bilan semble meilleur du côté du droit passerelle : 85,8 % des personnes interrogées y ont droit et 61,2 % l’ont reçu pour le mois de mars.

En parallèle, Vincent Maillen a également rédigé la semaine dernière avec d’autres signataires, 6 propositions concrètes qui ont été transmises à différents membres du gouvernement fédéral. Parmi celles-ci, on retrouve l’extension de la prime régionale, la simplification du soutien bancaire, une modulation du droit passerelle en fonction des cotisations sociales ou la prise en charge par l’État des loyers professionnels.

Les signataires de la lettre sont décidés à se faire entendre : « Nous sommes déterminés à obtenir des mesures plus efficaces, plus équitables et plus humaines. »

Ces propositions ont-elles déjà trouvé un écho sur la scène politique? « Le MR semble nous soutenir pour plusieurs mesures. Idem avec Maxime Prévot pour le CDH. Pour le PS, Elio Di Rupo a répondu qu’il n’était pas d’accord. Nous n’avons en revanche aucune réponse d’Ecolo, du PTB et de Défi », indique pour l’heure Vincent Maillen.