Que choisir: les frais professionnels ou le forfait?

Envie de payer moins d’impôt? Peut-être avez-vous intérêt à déclarer les frais réellement exposés pour l’exercice de votre activité professionnelle.

Afin de diminuer l’impôt, tout le monde peut déduire ses frais de l’ensemble de ses revenus. Cela permet de diminuer la base imposable, à savoir le montant sur lequel est calculé l’impôt, et donc in fine, l’impôt à payer. Si vous avez gagné 100 euros brut en 2013, et que, la même année, vous avez dépensé 30 euros pour l’exercice de votre activité professionnelle, le fisc vous taxera sur 70 euros et non sur 100 euros.

En la matière, il existe deux systèmes: déduire un montant forfaitaire déterminé par la loi ou déduire ses frais réels. Tant les salariés que les indépendants peuvent choisir entre l’un ou l’autre.

Forfait

Le travailleur peut se contenter de soustraire de ses revenus une somme forfaitaire. Par exemple, les travailleurs salariés pourront déduire 28,7% des premiers 5.650 euros qu’ils auront perçus, 10% de la tranche allant de 5.650 à 11.220 euros et ainsi de suite. Le forfait maximal ne peut cependant pas dépasser 3.900 euros et ce montant sera atteint à partir du moment où vous avez perçu sur l’année une rémunération égale ou supérieure à 63.635 euros brut. Les travailleurs relevant d’autres statuts devront appliquer un forfait différent. Pour les dirigeants d’entreprise par exemple, il sera de 3% des revenus bruts sans pouvoir dépasser 3.340 euros.

Avantage: la simplicité du système. Pas de paperasse excessive. Vous ne devrez pas compléter la rubrique de la déclaration relative aux «autres frais professionnels», l’administration déduira automatiquement le forfait auquel vous avez droit.

Inconvénient: le forfait peut être inférieur aux frais réellement exposés.

Frais réels (code 258)

Si le montant de vos frais réels dépasse le forfait autorisé, vous avez intérêt à prendre en compte les dépenses réellement exposées. «Ce système est particulièrement avantageux pour les salariés habitant loin de leur lieu de travail. Tout contribuable peut choisir de déduire 0,15 euro par kilomètre pour son déplacement domicile-lieu de travail, explique Stéphane Mercier, comptable-fiscaliste agréé IPCF. Cette déduction devient plus intéressante que le forfait à partir du moment où on habite loin du bureau. Si on fait par exemple 100 km par jour (50 km aller simple), on pourra déjà déduire 3.000 euros par an uniquement pour les déplacements domiciles-lieux de travail.»

Pour pouvoir recourir à ce système, il faut respecter quatre conditions.

  1. Les frais doivent être liés au travail. En d’autres termes, ils doivent avoir été exposés en raison de votre activité professionnelle.
  2. La déduction doit être appliquée à concurrence de l’usage professionnel. Si les frais ont été exposés en partie pour votre boulot, et en partie à des fins privées, il ne sera possible de déduire que la partie correspondant à l’usage professionnel. Exemple: votre bureau occupe un quart de votre appartement. Vous ne pourrez déduire que 25% des consommations d’eau, de gaz et de l’électricité et uniquement 25% de votre loyer ou des frais liés à votre emprunt hypothécaire. Certaines dépenses sont par ailleurs d’office plafonnées. C’est notamment le cas des factures de restaurants qui ne peuvent être déduites que si elles ont une justification professionnelle et uniquement à concurrence de 69%.
  3. Les dépenses doivent avoir été exposées l’année pendant laquelle vous avez perçu les revenus en question. Soit pour cette déclaration-ci, en 2013.
  4. Elles doivent enfin pouvoir être prouvées. Vous devrez pouvoir justifier non seulement la dépense, mais aussi qu’elle était nécessaire à l’exercice de la profession. Si vous essayez de «maquiller» des dépenses privées en frais professionnels, vous risquez d’être considéré comme voulant éluder l’impôt et, dès lors, de devoir payer 50% à 200% de l’impôt éludé en plus. Avantages: la possibilité dans certains cas de déduire un montant plus élevé que le forfait et donc de payer moins d’impôt. Inconvénient: plus de paperasses et un risque accru de contrôles voire de contestations. Vous devrez récolter toutes les preuves des dépenses exposées et les conserver à disposition de l’administration pendant un délai de 7ans à partir du 1er janvier de l’exercice. Donc, pour les revenus de l’année 2013 (exercice 2014), il faudra garder les preuves au moins jusqu’au 31 décembre 2020.

GÉRALDINE VESSIÈRE