76% des PME pourraient réduire leur facture énergétique

Le régulateur a étudié les factures des 900.000 PME belges

Le régulateur de l’énergie (Creg) publie une étude sur le comportement énergétique des PME.

Rares sont celles qui comparent les prix et optent pour la formule tarifaire la plus intéressante.

Il y a des centaines d’euros à économiser…

Vous voulez économiser 500 euros en 15 minutes? La Creg a trouvé la solution. Et rien à voir avec les arnaques qui pullulent sur le web. Le gain est ici bien réel.

La Creg, c’est le régulateur énergétique belge. Un régulateur qui a décidé de s’intéresser à la consommation des petites et moyennes entreprises (PME). «On parle tout de même de 900.000 entreprises», introduit Anne-Marie De Vreese, porte-parole de la Creg.

Le gendarme de l’énergie a donc recensé l’ensemble des contrats de ces PME, pour analyser leur facture annuelle en gaz et en électricité. Les résultats sont détonants: 76% des PME pourraient économiser au minimum 500 euros par an sur leur facture d’électricité. Même proportion pour le gaz, avec une économie potentielle de minimum 400 euros (ces montants ont été calculés sur base d’une consommation annuelle de 40.000 kWh en électricité et 80.000 kWh en gaz, alors que le plafond est fixé à 50.000 kWh en électricité et 100.000 kWh en gaz pour éviter de basculer dans la catégorie des consommateurs «industriels»). Conclusion de l’étude: rares sont les petits entrepreneurs qui comparent les formules et optent pour les meilleurs tarifs du marché.

«Les comparateurs tarifaires existent, même pour les PME. Six des sept comparateurs recensés sur notre site font déjà la distinction entre clients résidentiels et clients professionnels. Donc l’information existe. Le problème, c’est que les PME l’ignorent», commente Kurt Hernot, conseiller à la Creg. «On a fait beaucoup d’actions pour encourager les ménages à comparer et à changer de fournisseurs. Les gros industriels ont en qui les concernent  une personne spécifique en charge de la gestion des coûts énergétiques. Mais on a trop peu parlé des PME, qui se situent un peu entre deux eaux», enchaîne sa collègue Anne-Marie De Vreese.

On retrouve d’ailleurs certaines bizarreries dans les contrats étudiés par la Creg, comme un coiffeur bruxellois qui consomme 5.000 kWh par an (la consommation annuelle d’un ménage type est de 3.500 kWh) et qui a signé un contrat… d’industriel, comme le groupe Solvay ou la SNCB. Insensé. Principale différence entre les deux contrats: il y a des indemnités de départ à payer pour mettre fin à un contrat industriel, ce qui n’est pas le cas pour un contrat professionnel.

«Ce coiffeur a été approché par un vendeur qui faisait du porte-à-porte. Il lui a proposé un nouveau contrat, en promettant des économies. Et l’homme a accepté», raconte Kurt Hernot, qui est parti à la rencontre de dizaines d’entrepreneurs. Et le conseiller de la Creg constate que la technique du porte-à-porte porte souvent ces fruits. Une technique face à laquelle il faut pourtant se montrer prudent. «Pour convaincre, le vendeur promet souvent une facture mensuelle réduite de quelques dizaines d’euros. Mais ceci ne veut rien dire. Les montants mensuels payés sont seulement des acomptes. Ce qu’il faut analyser, c’est si la facture annuelle de régularisation sera bel et bien moins élevée avec la nouvelle formule tarifaire». Et pour ce faire, rien de tel que les comparateurs tarifaires.

D’après les chiffres de la Creg, 80% des PME ont déjà changé de fournisseur. Mais elles optent rarement pour la formule la meilleur marché, d’où le potentiel d’économies considérables décrit par le régulateur. Et si 80% ont déjà «switché», cela signifie aussi qu’une PME sur cinq dispose toujours d’un contrat dormant, soit un contrat historique qui n’est plus proposé activement sur le marché. Or les tarifs de ces contrats dormants sont nettement supérieurs à la moyenne. La Creg affirme d’ailleurs que 8,5% des PME pourraient réduire leur facture d’électricité annuelle de plus de 1.000 euros en choisissant le fournisseur le moins cher (toujours pour une consommation annuelle de 40.000 kWh).

Notons enfin que le switch ne coûte pas un euro et est rapide à effectuer. «15 minutes suffisent sur internet», dixit De Vreese (lire ci-contre). Et pas de panique: il n’y a aucun risque d’être privé de courant lors d’un changement de fournisseur. «Cela peut paraître évident mais cette question revenait souvent dans la bouche des entrepreneurs que nous avons rencontrés», conclut Kurt Hernot. Les voilà rassurés.

XAVIER COUNASSE via Le Soir

Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz

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